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Dessalines n'était pas musulman

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Dédé Magrite n'était pas musulmaneAzaka n'est pas musulman
 
 

Rodney Salnave
Dougan (Scribe)
31 mars 2017
(Mise à jour : 25 avril 2017)



La violence universelle envers l'Empereur Jean-Jacques Dessalines, le Père de la nation haïtienne, est alimentée par ce que j'appellerai grossièrement l'Hiérarchie du sang versé. Cet dite Hiérarchie du sang versé obéit à une logique qui va comme suit :
  1. Le sang des Amérindiens - versé sur l'Île d'Hispaniola par les Espagnols, ne vaut rien.
  2. Le sang des Noirs remplaçant des Amérindiens, versé par les Espagnols (dans la partie Est), puis par les Français (dans la partie Ouest), vaut encore moins que celui des Amérindiens.
  3. Et lorsque le sang blanc coule, il est accepté que s'il fut versé par des Blancs ou, dans un moindre mesure, par des Noirs au service des Blancs.
Dans ce contexte, lorsque les Noirs de Saint Domingue (Haïti) ont versé le sang blanc de 1791 à 1804 dans la quête de leur liberté, cela a contrevenu à l'ordre hiérarchique sanguin établi. Et par conséquent, ceux qui aujourd'hui objectent au droit naturel des Noirs à la légitime défense, - majoritairement des Haïtiens complexés et/ou aliénés par la chrétienté esclavagiste - réécrivent la révolution haïtienne sur 3 fronts : 1) Le dénie. 2) Le dénigrement. 3) L'appropriation.
  1. Le dénie : "Événement gênant et volontiers passé sous silence", (1) la révolution haïtienne fut ignorée par les historiens de partout pour plus d'un siècle. De même, pour une portion importante d'Haïtiens, le dénie de leur passé révolutionnaire représente un moyen d'intégration/assimilation à l'Occident chrétien. Malheureusement pour eux, on ne peut cacher le soleil que pendant un certain temps.
  2. Le dénigrement : à défaut de pouvoir nier la révolution haïtienne, certains cherchent à la dénigrer via la révision chrétienne qui tenta : a) de démoniser l'action des héros de 1791 ; b) de marginaliser Dessalines, Henry Christophe, et tout leadeur valorisant l'intérêt de la population noire au-dessus tout autre ; c) d'amplifier la valeur de Toussaint Louverture, Alexandre Pétion, Jean-Pierre Boyer et tout leadeur valorisant l'intérêt occidental plus que celui de la population noire haïtienne.
  3. L'appropriation : jugeant implicitement les Noirs indignes de gloire militaire, simultanément au dénie et au dénigrement, certains utilisent des techniques des plus audacieuses afin de s'approprier les acquis de cette révolution haïtienne via a) la révision française voulant que la révolution haïtienne soit redevable de la révolution française, en dépit de la lutte anti-esclavagiste non interrompue dont la période de Macandal et de ses empoisonneurs dans laquelle plus de 6000 colons et leurs captifs ont trouvé la mort de 1740 à 1757 ; b) la révision amérindienne dans laquelle on substitut la présence traditionnelle "africaine" dans l'histoire d'Haïti par celle des Tainos qui furent pourtant décimés près d'un siècle et demi avant l'arrivée des ancêtres des Haïtiens ; c) la révision islamique à travers laquelle on revendique la paternité de la cérémonie du Bois Caïman (1791) jusqu'à la phase finale de la révolution haïtienne (1803) menée par Jean-Jacques Dessalines.
Nous avons démenti, dans un autre cadre, toutes ces sortes de révisions, incluant la révision chrétienne classique touchant à Dessalines : à savoir qu'il fut une brute assoiffée de sang, qu'il doit sa victoire à la fièvre jaune ou qu'il fut assassiné par Henry Christophe, etc. Également, nous avons écrasé les plus récentes calomnies haïtiano-françaises disant que Dessalines était l'esclave de Toussaint Bréda, (2, 3, 4) et qu'il causa l'arrestation de Toussaint. (5) Par conséquent, nous nous limiterons, dans cet article, sur la révision islamique sur Dessalines et sa révolution que les révisionnistes prétendent fut un djihad ou une guerre sainte musulmane.


1- Dessalines et Grann Aloumandja

LeGrace Benson argumenta en 1996 fut Jean-Jacques Dessalines était soit musulman ou soit agissait sous influence musulmane. À titre de preuve, la révisionniste, supposément détentrice d'un doctorat, ne trouva mieux que la déformation vulgaire du nom d'Aloumandja, Lwa guerrière de Nation Nago (Yoruba) que Jean-Jacques Dessalines aurait servi, en "Allah-Mandja", un terme inconnu en Haïti et jamais répertorié dans les textes coloniaux de Saint Domingue  :
"General Jean-Jacques Dessalines, under whose leadership the revolution finally succeeded, if not Muslim, nevertheless evidenced influence from Muslim mysticism and magic. These were present in Haitian slave life just as Muslim mysteries and magic pervaded every West African locality where Muslims traded or had political hegemony. Dessalines created the flag in February 1803, months before its dramatic apparition in Archahaie on the eighteenth of May, reportedly after a ceremony in the houmfo he frequented. Eighteen May is the day for honoring the African lwa (spirit), Aloumandia (or Allahmandia). The name is thought to be a form of "Allah."" (6)
Traduction :
"Le Général Jean-Jacques Dessalines, sous la conduite duquel la révolution a finalement réussi, sinon musulman, a néanmoins démontré l'influence du mysticisme et de la magie musulmans. Celles-ci étaient présentes dans la vie d'esclaves haïtiens tout comme les mystères musulmans et la magie pénètrent dans toutes les localités ouest-africaines où les musulmans négociaient ou ont une hégémonie politique. Dessalines créa le drapeau en février 1803, quelques mois avant son apparition dramatique à Archahaie le 18 mai, après une cérémonie dans le houmfo qu'il fréquentait. 18 mai est le jour pour honorer le lwa (esprit) africain, Aloumandia (ou Allahmandia). Le nom est considéré comme une forme de "Allah"."
Nous avons déjà, dans un article précédant, démenti la vision erronée que l'"Afrique" de l'Ouest était bondée de musulmans. Une telle vision se base sur la réalité présente de cette partie du continent dans laquelle l'islam est très répandu. Mais ce n'était pas le cas durant l'époque de Saint Domingue. Car, l'islam atteignit les couches populaires Ouest-"africaines" qu'au cours de la colonisation occidentale du 19 siècle chrétien ; donc bien après l'indépendance d'Haïti (1804).
Mais, avenant que l'on accepte que la Déesse Aloumandja fut une déformation de "Allah Mandja". Dans ce cas, il faut se demander : que voudrait bien dire "Allah Mandja" en arabe? Il va de soi que les révisionnistes, pour universitaires qu'ils soient, ne se sont pas posés cette question pourtant logique? Ou du moins, s'ils se le s'ont posée, ce ne fut point ouvertement. À moins qu'ils l'aient fait mais n'ont pas obtenu la réponse désirée. Alors, faisons-le, nous-mêmes. Interrogeons la langue arabe pour savoir la signification de "Allah Mandja" qui, selon les révisionnistes, aurait été si essentiel pour que le Général Dessalines vénère l'entité s'y rattachant.

La traduction arabe donne ceci :


Allah,الله : Dieu
Mandja, Manja, (Manija), مانجا :  Mangue


Ainsi,


Allah Manja ou Allah Manija,  الله مانجا : Allah Mangue ou Mangue d'Allah

En d'autres termes, "Allah Mandja" ne veut absolument rien dire. Ce n'est que du délire, de la divagation de débiles. D'ailleurs, Aloumandja est une femme, une vielle femme, plus précisément. Est-ce que la femme est vénérée à ce point dans le culte musulman qu'elle puisse guider la main victorieuse de l'un des plus grands chef de guerre de l'histoire en Jean-Jacques Dessalines, l'unique commandant à sortir un peuple de la domination par ses propres moyens? Poser la question, c'est y répondre.


a) Aloumandja, Dessalines et les 99 noms/formes de Allah

Plus ridicule que l'assertion qu'Aloumandja fut une déformation d'Allahmandia, est l'affirmation que LeGrace Benson fit qu'Allahmandia serait "une forme de "Allah" :
"Aloumandia (or Allahmandia). The name is thought to be a form of "Allah."" (7)
Traduction :
"Aloumandia (ou Allahmandia). Le nom est considéré comme une forme de "Allah."" 
Benson poussa plus loin son délire condescendant, cette fois-ci, dans une publication haïtienne, en écrivant qu'Allah, le Dieu Suprême des musulmans, aurait 99 noms ou formes correspondantes aux Lwa ou Jany dans la Tradition haïtienne. À la différence qu'Allah est abstrait, donc inaccessible aux Noirs, ces êtres limités qui se rabattent sur les Lwa représentant le monde visible et immédiat à leur portée  :
"A chart of the ninety-nine names of Allah reveals the operation in Islam. (...) Allah is remote, the 99 names are abstractions rather than sensible forces or visibilities. Al-hallim, the Forbearing One, only enters everyday life through disciplined acts of imagination and will, but Damballah is visible right away in the rainbow. (...) The captives to whom they preached knew the names of forces and conditions: rain, smallpox, love, birth, death. Bringing together miraculous human heroes with personifications of natural powers and states of being engendered the double consciousness of lwa and saint. (...) The abstract names of Allah could not be used in such a fashion. Nor could the mystical and sometimes magical use of the sacred spelling out of the names of Allah function where literacy was forbidden. (...) But in Haiti the names of Allah were both anathematized and insufficiently personalized..." (8)
Traduction :
"Une carte des quatre-vingt-dix-neuf noms d'Allah révèle l'opération dans l'Islam. (...) Allah est distant, les 99 noms sont des abstractions plutôt que des forces sensibles ou des visibilités. Al-Hallim, le Patient, n'entre dans la vie quotidienne que par des actes disciplinés d'imagination et de volonté, mais Damballah est immédiatement visible dans l'arc-en-ciel. (...) Les captifs auxquels ils prêchaient connaissaient les noms des forces et des conditions: la pluie, la variole, l'amour, la naissance, la mort. Réunissant des héros humains miraculeux avec des personnifications de puissances naturelles et des états d'être engendra la double conscience de lwa et de saint. (...) Les noms abstraits d'Allah ne pouvaient pas être utilisés de cette manière. L'utilisation mystique et parfois magique de l'orthographe sacrée des noms d'Allah ne pouvait pas non plus fonctionner là où l'alphabétisation était interdite. (...) Mais en Haïti, les noms d'Allah étaient anathématisés et insuffisamment personnalisés..."
Voilà le niveau d'argument enfantin et insultant auquel on a droit, lorsque le vulgaire se prétend scientifique.* Et, bien entendu, pareil argument méprisant rejoint les intellectuels haïtiens qui l'approuvent et le conservent pour la postérité dans Journal of Haitian Studies, un torchon tiers-mondiste se faisant passer pour scientifique. Le fait est que, si Allah possède 99 noms, il existe, non pas 99 Lwa, mais 101 Nations (officielles)** ou Nanchon de Lwa. Et chacune de ces 101 Nations renferme un nombre incalculable de Lwa. Les estimations les plus conservatrices parlent de 401 Lwa. Mais en réalité, ce nombre symbolique peut facilement être multiplié par 10. Ainsi, 4001 Lwa ou Jany est plus raisonnable.
Et ces Lwa, étant des deux sexes : féminin et masculin, est-ce donc à dire que Allah possède une forme féminine, étant donné qu'Aloumandja ou Grann Aloumandja (Grand-Mère Aloumandja) est de sexe féminin? De plus, certains de ces mêmes Lwa ou Jany, dont Danmbala Wedo, le Lwa Couleuvre, ont la forme animale. Est-ce qu'il est écrit quelque part que Allah possède une forme animale?
Également, certains de ces Lwa ou Jany consomment le sang animal. Nous citerons notamment, Lenglesou, Moundong, et plus précisément Dantò qui préfère la viande de porc. Est-ce donc à dire que Allah consommerait du sang et de la viande porcine, si clairement défendue dans le coran? Si ces questions sont en accord avec la doctrine musulmane, alors, qu'on me le fasse savoir.
Arrêtons ici cette analyse indigne de notre temps. Car, à suivre l'argumentaire révisionniste de LeGrace Benson voulant que les Lwa issus d'une religion ancestrale préislamique soient une forme d'Allah, nous tombons non seulement dans l'absurdité, mais dans le blasphème, du point de vue des deux religions en comparaison.

 

2- Dessalines et le faux djihad

Dès janvier 1996, s'appuyant sur la déformation du nom d'Aloumandja et sur un tas de suppositions, la révisionniste LeGrace Benson affirma que la révolution résulte du djihad :
"A thoughtful reading of reports on the style and their actions of Haiti's liberation leaders suggests that their conception of the conflict into which they entered was not necessarily or simply a following of the notions of the rights of man articulated in the French Revolution and spread to Haiti : more personally and deeply it was a holy war-a jihad." (9)
Traduction :
"Une lecture réfléchie des rapports sur le style et les actions des dirigeants haïtiens de libération suggère que leur conception du conflit dans lequel ils sont entrés n'était pas nécessairement ou simplement un suivi des notions des droits de l'homme articulées dans la Révolution française et propagées en Haïti : plus personnellement et plus profondément, c'était une guerre sainte, un djihad."
6 ans plus tard, en 2002, toujours sans trouver la moindre preuve tangible, cette même révisionniste poursuit sa triste démarche :
"Tamerlan committed the sacred act of writing prayer in June, 1791. It was not a time when there moments and places for silence and reflection necessary for recognizing the right hand of Allah in all things. Rather, the governing factors were those that had motivated the Muslims Makandal and his companions to initiate a jihad decades before. Two months after Tamerlan wrote, another Muslim, Boukman would bring the latent jihad into terrifying and efficacious visibility."(10)
Traduction :
"Tamerlan a commis l'acte sacré d'écrire la prière en juin 1791. Ce n'était pas un moment où il y avait des moments et des lieux de silence et de réflexion nécessaires pour reconnaître la main droite d'Allah en toutes choses. Au contraire, les facteurs gouvernants étaient ceux qui avaient motivé les musulmans Makandal et ses compagnons à initier un djihad plusieurs décennies auparavant. Deux mois après Tamerlan a écrit, un autre musulman, Boukman porterait le djihad latent dans une visibilité terrifiante et efficace."
Et 4 ans plus tard, en 2006, donc 10 ans après sa publication initiale, toujours aucune trace de preuve démontrant le djihad sur une forme ou une autre dans la révolution haïtienne. Mais cela ne freina point LeGrace Benson, la révisionniste infatigable, dans ses déclarations hallucinantes :
"The imams had already been in Africa for centuries. They arrived on the first and last slave ships and put their great knowledge to the needs of survival first, then of revolution—a jihad, one might claim." (11)
Traduction :
"Les imams étaient déjà en Afrique depuis des siècles. Ils arrivèrent sur les premiers et derniers navires esclaves et mettaient leur grande connaissance aux besoins de la survie d'abord, puis de la révolution, un djihad, pourrait-on prétendre."
En 2009, ce fut au tour de la révisionniste Susan Buck-Morss de prendre le relais et d'insinuer le djihad, cette fois-ci, en plaçant Dessalines au coeur de ses délires fantaisistes dans lesquelles la révolution haïtienne serait un djihad malhonnête, dépourvu de but religieux :
"Dessalines for setling out "to give as good as he got." then there is no honest reason for excluding from the story of Liberty the eye-for-an-eye, tooth-for-a-tooth logic of political jihad--only the dishonest one of rejecting, not the means of jihad, not the policy of violent retribution against one's enemy, but the religious goal, as if to say that in the broadly inclusive panoply, the multiversality of global culture, there is one (with which over a billion human beings happen to identify) that is simply, irredeemably, wrong. The political question emerging from this historical encounter, that urgently needs to be addressed, is this: how is it that the revered Euro-American revolutionary slogan, "Liberty or Death," came to be cordoned off in Western thought and practice from the allegedly infamous tradition of Islamic jihad?
Is the name of universal humanity, the vanguard justifies its own violence as higher truth. At this crossroad Osama bin Laden meets Jean-Jacques Dessalines, and Vladimir Lenin meets George W. Bush." (12)
Traduction :
"Dessalines pour avoir indiqué "rendre coup pour coup." Alors il n'y a aucune raison honnête d'exclure de l'histoire de la liberté la logique du djihad politique de l'œil pour l'œil, dent pour dent, - uniquement celui malhonnête de rejeter, non pas le moyen du djihad, non pas la politique de représailles violentes à l'encontre de son ennemi, mais le but religieux, comme pour dire que dans la panoplie globalement inclusive, la multiversalité de la culture mondiale, il y en a une (avec laquelle plus d'un milliard d'êtres humains s'identifient) qui est simplement irréversible, faux. La question politique qui se dégage de cette rencontre historique, qui doit être traitée de toute urgence, est la suivante: comment se fait-il que le slogan révolutionnaire «Liberté ou la Mort» a-t-il été enfermé dans la pensée et la pratique occidentales à partir de la tradition infâme du djihad islamique?
Est-ce qu'au nom de l'humanité universelle, l'avant-garde justifie sa propre violence comme vérité supérieure. A ce carrefour, Oussama ben Laden rencontre Jean-Jacques Dessalines et Vladimir Lénine rencontre George W. Bush."
Or, comme nous l'avons souligné dans un article précédent, la révolution haïtienne (1791-1803) ne peut pas être considérée comme un djihad puisse qu'elle précède l'implantation du concept de djihad en Afrique. En effet, alors que la bataille finale de la révolution haïtienne avait eu lieu plusieurs mois plus tôt, le 18 novembre 1803, le premier djihad "africain", entrepris par Dan Fodio, survint qu'en 1804 :
"Islam went its way peacefully, except when traditional leaders sought to block it; then it went to war. Such were the circumstances that led the Fulani Muslim leader Shehu Usuman Dan Fodio (of Sheik Dan Fodio) to begin a jihad, or holy war, in 1804 against the hostile government of King Yunfa of Gobir, considered by jihadists to be a wayward Muslim." (13)
Traduction :
"L'islam a fait son chemin pacifiquement, sauf quand les chefs traditionnels ont cherché à le bloquer ; alors il est allé à la guerre. Telles étaient les circonstances qui ont conduit le dirigeant musulman peul Shehu Usuman Dan Fodio (du cheikh Dan Fodio) à lancer un djihad ou guerre sainte en 1804 contre le gouvernement hostile du roi Yunfa de Gobir, considéré par les djihadistes comme un musulman rebelle."
En d'autres termes, Haïti était déjà indépendant, officiellement au 1er janvier 1804, peu avant même que les "Africains" islamisés, jusque là relativement pacifiques, expérimentaient avec leur premier djihad. 


3- Face à Dessalines, Ben Laden fut un enfant de choeur

Le pire dans tout ça est que les révisionnistes savent parfaitement le statut post révolution haïtienne du djihad ouest-"africain" de Dan Fodio. (14) Pourtant, faute de arguments, ils persévèrent en s'imaginant que le djihadisme consiste la forme militaire la plus radicale qui soit ; et que la révolution haïtienne devait en découler. Mais que savent-ils réellement de la révolution haïtienne? Ben Laden, le vulgaire criminel, qu'ils croient maître dans la production d'épouvante, ne fut qu'un enfant de coeur à comparer aux méthodes guerrières de Jean-Jacques Dessalines. Car, pour ce Général haïtien de génie, tout était permis. Il était prêt à incendier les 7/8 du globe pour maintenir la liberté qu'il a donnée à son peuple :
 "Nous avons juré de punir quiconque oserait nous parler d'esclavage. Nous serons inexorables, peut-être même cruels, envers tous les militaires qui viendraient nous apporter la mort et la servitude. Rien ne coûte et tout est permis à des hommes à qui l'on veut ravir le premier de tous les biens. Qu'ils fassent couler des flots de sang, qu'ils incendient, pour défendre leur liberté, les sept huitième du globe, ils sont innocents devant Dieu qui n'a pas créé les hommes pour les voir gémir sous un joug honteux." (15)
Donc, le djihadisme, ce semblant pathétique de résistance religieuse armée n'ayant rien accompli de valable depuis son invention, n'est que la bouillie pour chats, à comparer la noble révolution traditionaliste haïtienne. Car, dans cette résistance traditionnelle, l'Occident se croyant maître de l'intimidation et de l'horreur à dû courber l'échine face à des pères ou des mères traditionalistes qui allaient jusqu'à empoisonner un à un tous les membres de leur famille, uniquement pour le plaisir de regarder le maître d'esclaves souffrir de la perde de main-d'oeuvre que lui occasionnait les morts successives de cette famille :
"Quand ils veulent se venger de leurs maîtres, ils empoisonnent ses autres esclaves, les bœufs, les chevaux et les mulets nécessaires à l'exploitation de l'habitation. Ces malheureux, afin de n'être pas soupçonnés, commencent leur crime sur leur propre famille ; ils font périr leur femme, leurs enfants, et leur maîtresse. Ils ne sont pas même excités à toutes ces horreurs par la vengeance seule ; souvent celui qui en forme le projet et qui les commet, est précisément le nègre le mieux traité de l'habitation, celui pour qui le maître a le plus de bontés. Alors sa cruauté ne peut être conduite que par le plaisir barbare d'abuser de la faiblesse de son maître, et de l'humilier en le ruinant, afin de le rapprocher autant qu'il le peut, de la misère de son état." (16)
Il faut préciser qu'il est injuste et insultant de comparer les actions crapuleuses de Ben Laden et des djihadistes semant la terreur par prosélytisme, à celles de Dessalines qui agissait dans les extrêmes uniquement pour la protection des droits de son peuple :
"Les crimes les plus atroces, jusqu'alors inconnus, et qui feraient frémir la nature, ont été commis par les Français. Enfin l'heure de la vengeance est arrivée, et les implacables ennemis des droits des hommes ont reçu la punition due à leurs crimes. (...) Victimes mutilées de la cupidité des Français, après avoir enrichi de nos travaux ces oppresseurs insatiables, avec une patience et une résignation sans exemple, nous aurions vu cette horde sacrilège attenter de nouveau à notre destruction sans distinction de sexe ni d'âge ; et nous, qu'ils appelaient hommes sans énergie et sans courage, nous n'aurions pas plongé dans leur sein le poignard du désespoir? (...) Oui, nous avons rendu à ces anthropophages guerre pour guerre, crime pour crime, outrage pour outrage. Oui, j'ai sauvé mon pays, j'ai vengé l'Amérique ! (...) Il est nécessaire, pour raffermir cette union, de vous rappeler les atrocités commises contre notre espèce. Le massacre prémédité de l'entière population de cette île, résolu dans le silence et le sang-froid du cabinet? L'exécution de cet abominable projet me fut effrontément proposée lorsqu'elle était déjà commencée par les Français, avec le calme et la sérénité d'une contenance accoutumée à de semblable crimes." (17)
En effet, car dès 1791, les Français, s'adonnaient à des pratiques génocidaires dont l'injection de la variole aux Noirs :
"In Jérémie, in the Grande Anse, whites imprisoned local free men of color on a ship in the harbor and deliberately infected them with smallpox ; only a third of them survived." (18) 
Traduction :
"À Jérémie, dans la Grande Anse, les blancs emprisonnaient des hommes de couleur locaux sur un navire dans le port et les infectèrent délibérément avec la variole ; Seulement un tiers d'entre eux ont survécu."
Plus tard, Charles Leclerc, commandant de l'expédition française portant son nom, avait écrit le 7 octobre 1802 au Premier Consul Napoléon Bonaparte, son beau-frère, lui exposant son plan d'exterminer la population noire :
"Voici mon opinion sur ce pays. Il faut détruire tous les Nègres des montagnes, hommes et femmes, ne garder que les enfants au-dessous de 12 ans, détruire moitié de ceux de la plaine et ne pas laisser dans la colonie un seul homme de couleur qui ait porté l'épaulette. Sans cela jamais la colonie ne sera tranquille et au commencement de chaque année, surtout après les saisons meurtrières comme celle-ci, vous aurez une guerre civile qui compromettra la possession du pays." (19)
Suite au décès du général français Leclerc, Rochambeau appliqua son plan génocidaire par les moyens les plus déplorables qui soient : noyades, pendaisons, fusillades, asphyxies par la chaux, meurtres par chiens anthropophages, et même la pratique pré-nazie de jeter ses ennemis aux fourneaux :
"A Jérémie, Darbois secondait trop puissamment les vues du gouvernement pour qu'on songeât à le relever. (...) Darbois est le premier qui ait jeté dans un fourneau quinze noirs ou mulâtres. Ce fait est trop connu pour être révoqué en doute. Un individu échappé à ce cruel supplice existe encore à Jérémie." (20)


4- Dessalines, Lavalas et Dechoukaj

Il faut également se rappeler que Dessalines a qualifié la nature de ses propres entreprises militaires. Et la description qu'il en fit n'avait rien d'un djihad ou de tout élément doctrinal musulman s'y rattachant. Au contraire, sa description fut la suivante :
"Comme un torrent débordé qui brise tout ce qui se trouve sur son passage, votre fureur vengeresse a renversé tout ce qui s'opposait à sa course impétueuse." (21)
Quiconque le moindrement familier avec la culture haïtienne résumera aisément cette phrase de Dessalines en un mot, non pas par le mot arabe djihad, mais par "Lavalas", terme créole encore utilisé dans le domaine climatique autant que politique :
"Lavalas : 1. torrent, déluge. 2. Fanmi Lavalas. Organisation politique." (22)
De même, dans la phrase de Dessalines, lorsque nous traduisons le verbe français «Renverser» ("renversement") en créole haïtien, nous obtenons "Dechouke" :
"Renverser : dechouke, ranvèse, kapote." (23) 
Le verbe créole "Dechouke", qui signifie "déracinement", a "Dechoukaj" ou "Dechoukay" pour nom. Et comme "Lavalas", "Dechoukaj" ou "Dechoukay" est encore utilisé en Haïti pour désigner soit l'action de déraciner un arbre, soit l'explosion violente d'un mouvement politique et révolutionnaire.
D'ailleurs, un autre point de démarcation entre les actions de Dessalines et la barbarie et l'intolérance islamiques, réside dans le fait que le leadeur des Haïtiens, aussitôt la capitulation des Français signée a déclaré solennellement, le 29 novembre 1803, déplorer toute perte de vies innocentes :
"Si, dans les divers soulèvements qui ont eu lieu, des Blancs, dont nous n'avions pas à nous plaindre, ont péri victimes de la cruauté de quelques soldats ou cultivateurs, trop aveuglés par le souvenir de leurs maux passés pour distinguer les propriétaires humains de ceux qui ne l'étaient pas, nous déplorons sincèrement leur malheureux sort, et déclarons à la face de l'univers que ces meurtres ont été commis malgré nous. Il était impossible, dans une crise semblable à celle où se trouvait alors la colonie, d'arrêter ou prévenir ces désordres. Ceux qui ont la moindre connaissance de l'histoire savent qu'un peuple, qu'il fût le plus policé de la terre, se porte à tous les excès lorsqu'il est agité par les discordes civiles, et que les chefs n'étant pas puissamment secondés, ne peuvent pas punir tous les coupables sans rencontrer sans cesse de nouveaux obstacles. Mais aujourd'hui que l'aurore de la paix nous présage un temps moins orageux et que le calme de la victoire succédé aux désordres d'une guerre affreuse, Saint Domingue doit prendre un nouvel aspect, et son gouvernement doit être désormais celui de la justice." (24)
L'habilité de Dessalines à se départir des horreurs de la guerre au profit de la justice, du bon voisinage et de la paix, s'est concrétisée par l'asile qu'il accorda à des Allemands et Polonais de bonne volonté : 
"Comme il est dérogatoire à ma dignité et à ma mémoire de punir l'innocent pour les crimes du coupable, une poignée de blancs, recommandables par les sentiments qu'ils ont toujours professés, et qui ont en outre fait le serment de vivre avec nous dans les bois, ont éprouvé ma clémence. J'ordonne qu'on les laisse vivre et qu'ils ne soient point mal traités.
Je recommande de nouveau, et j'ordonne à tous les généraux des départements, de garantir se cours, encouragement et protection à toutes les nations neutres ou alliées qui désireraient établir des relations commerciales dans cette île." (25)
D'autres points restent à soulever pour dissocier Jean-Jacques Dessalines d'un quelconque mouvement musulman. Mais avant, nous analyserons plus en détail le peu des arguments révisionnistes, en particulier ceux se rapportant à Dessalines.




5- La constitution de Dessalines et la religion

Si Dessalines était effectivement de foi musulmane, impliqué en plus dans une guerre sainte, djihad, qu'il a gagnée, les articles de loi qu'il confectionna auraient été conformes à sa croyance. Qu'en fut-il dans la constitution impériale du 20 mai 1805? (26)
  • Les références religieuses : D'entrée de jeu, la préambule de la constitution de Dessalines fait allusion à  l'être Suprême et également à la Nature : "En présence de l'Être Suprême, devant qui les mortels sont égaux, et qui n'a répandu tant d'espèces de créatures différentes sur la surface du globe, qu'aux fins de manifester sa gloire et sa puissance, par la diversité de ses oeuvres, ; En face de la nature entière dont nous avons été si injustement et depuis si longtemps considérés comme les enfants réprouvés. "
    L'Être Suprême demeure neutre dans le texte. Il n'est pas identifié comme Allah ou Mahomet (musulman), ni comme Jéhovah (chrétien). Cependant, la référence à la Nature renvoi aux croyances ancestrales. Car la Nature omnipotente revient fréquemment dans les textes de Dessalines, comme nous le verrons plus tard.
  • Le nom de Dieu : Dieu en tant que tel est énoncé qu'à deux reprises dans la constitution de 1805 ; soit dans l'article 37 qui clarifie que "Tout acte public sera fait en ces termes : « L'Empereur d'Haïti et le chef suprême de l'armée, par la grâce de Dieu et la loi constitutionnelle de l'État. »". Puis, à la fin du document, où l'empereur valide le document : "Nous, Jacques Dessalines, 1er Empereur d'Haïti et chef suprême de l'armée, par la grâce de Dieu et la loi constitutionnelle de l'État." Dans les deux cas, Dieu est invoqué, non pas dans un contexte musulman, mais via la formule chrétienne de "par la grâce de Dieu".
  •  L'appellation des habitants : Aucune référence à l'islam, à Allah, ni à Mahomet n'a été faite dans la constitution impériale. Et en aucun endroit ne réfère-t-on aux citoyens comme des musulmans. Ce qui renforce l'argument non-islamique du document. D'ailleurs, autre que le terme "Haïtien", la seule exigence était raciale. L'article 14 précise que : "les Haïtiens ne seront désormais connus que sous la dénomination génériques de noirs." Pourquoi Dessalines n'a pas déclaré tous les citoyens musulmans, si effectivement il était de foi musulmane, et fraîchement sorti dans un djihad?
  • Référence au culte : Une constitution musulmane aurait mise les préoccupations cultuelles en évidence. Mais ce ne fut pas le cas de la constitution de Dessalines qui consacre l'avant derrière section "Du Culte", derrière les sections suivantes : "Déclaration préliminaire", "De l'Empire", "Du Gouvernement", "Du Conseil d'État", "Des Ministres", "Du Ministre des Finances et de l'Intérieur", "Du Ministre de la Guerre et de la Marine", "Du Secrétaire d'État", puis "Des tribunaux". Cette section "Du Culte" nous indique avec clarté que Dessalines n'était pas musulman. Car, via l'article 50, il déclare  que : "La loi n'admet pas de religion dominante." Ce qui est contraire à la religion dominatrice qu'est l'islam. Puis les articles 51 prône la liberté de culte : "La liberté des cultes est tolérée.", tandis que l'article 52 affirme la laïcité ou la neutralité de l'État dans les affaires religieuses : "L'État ne pourvoit à l'entretien d'aucun culte ni d'aucun ministre.".
  • Gestion des moeurs : Les articles 14 et 15 des Dispositions générales proposent des mesures matrimoniales extrêmement libérales pour son temps, et diamétralement opposées à la charia, la loi islamique : "Le mariage est un acte purement civil et autorisé par le gouvernement.", "La loi autorise le divorce dans les cas qu'elle a prévus et déterminés.".
  • Les fêtes nationales : L'article 27 des Dispositions générales résume les fêtes en ces termes : "Il y aura des fêtes nationales pour célébrer l'Indépendance, la fête de l'Empereur et de son auguste Épouse, celle de l'Agriculture et de la Constitution.". Sans grande surprise, il n'y a pas eu de fête musulmane dans l'Empire que les révisionnistes prétendent pourtant être née d'un "djihad" imaginaire.
 Donc, d'après la constitution du 20 mai 1805, l'Empire de Jacques I dit Dessalines était laïque. Mais qu'en fut-il est du mode de vie de Dessalines?


6- Dessalines et l'alcool

D'après le témoin oculaire Descourtilz, Dessalines et ses officiers buvaient du tafia (de l'alcool fort), une pratique non seulement interdite pas l'islam, mais indigne d'un leadeur qui aurait été impliqué dans une guerre sainte musulmane :
"Après avoir ainsi long-tems combattu la fatigue et respiré une poussière désagréable, nous arrivâmes au haut d'un morne couvert de lataniers auxquels on venait de mettre le feu, pour prévenir les embuscades. N'ayant bu ni mangé depuis deux jours, et rencontrant un cabrouet chargé de provisions pour Dessalines, je tendis la main à une femme de couleur qui, après m'avoir reconnu, me plaignit beaucoup, et m'ayant fait désaltérer, me donna quelques aliments que je dévorai sans discontinuer notre marche. Enfin, Honorine (c'était le nom de cette jeune mulâtresse) ranima mes forces avec un coup du tafia qu'elle portait dans un coco [noix de coco] aux officiers ; elle me fit aussi le cadeau d'une morue salée, en m'assurant qu'elle ne pouvait faire mieux pour moi jusqu'au lendemain." (27)
Descourtilz servait du tafia aux soldats de Dessalines le surveillant :
"Mes succès dans les cures des blessés, que je traitais par les plantes du pays d'après la combustion des pharmacies, me donnèrent auprès des autorités noires un relief qui me rendit bientôt un important personnage, non point du côté de la puissance, puisque sans cesse et par-tout accompagné de quatre dragons, je ne pouvais seul faire un pas, car on était persuadé qu'il me tardait de rejoindre la colonne française. Aussi ces quatre cavaliers, considérés comme mes protecteurs et nommés pour ma garde d'honneur, avait par dessous main l'ordre de me fusiller au moindre projet de désertion. Comme j'avais soin d'eux, et que je n'épargnais ni le tabac ni le tafia, je captai leur confiance, au point qu'ils me dévoilèrent sans artifice la consigne qui leur était donnée." (28) 
Les quatre dragons envoyés par le commandant Léandre (troupe de Dessalines) chercher Descourtilz, furent amadoués par du tafia :
"Léandre m'envoya quatre dragons et un cheval de monture sellé et bien harnaché, avec invitation de venir au secours de sa femme qui venait d'accoucher d'un enfant mort, et était dans le plus grand danger.
Mon heure sûrement n'était point encore venue ! Je me sentis de la répugnance à faire cette démarche; de son côté Pompée, saisissant le tafia, offre la goutte aux quatre dragons, les fait jaser, puis de suite monte la tête des malades, afin qu'ils ne me laissent pas partir, en disant que je leur suis spécialement destiné, et que le général Dessalines serait offensé de la moindre absence." (29)
Diaquoi, Aide de Camp de Dessalines, planifia de servit du tafia contenant de l'opium aux sentinelles de Descourtilz afin de le permettre de s'échapper :
"Diaquoi, en se promenant, toussant, ruminant, enfin tout en jasânt avec les sentinelles qui ne le savaient point disgracié, leur ferait désirer un coup de tafia dont ils étaient frustrés depuis si long tems, qu'il ferait valoir son artifice, et vanterait sa générosité, que la bouteille serait ouverte, puis rebouchée, qu'enfin il en serait donné une rasade à la dérobée, et sous condition expresse d'une exacte surveillance. Belle promesse!... le tafia contenant de l'opium devait les mettre hors d'état de service." (30) 
Descourtilz buvait du vin et du tafia dans le camp de Dessalines, durant la bataille de la Crête-à-Pierrot, et savait que les troupes de Dessalines en auraient désirés :
"Les troupes privées d'eau et de nourriture avec cette chaleur accablante, obligées de mâcher des balles de plomb dans l'espoir d'étancher leur soif insupportable, provoquaient par cette trituration une salive bourbeuse qu'ils trouvaient encore délicieuse à avaler. Ils souffraient sans se plaindre, par l'espérance de se venger. Languissant de faim, agités par la peur, ces soldats promenaient ces deux sensations opposées sur leur figure moribonde.
Pendant cette affreuse calamité, travaillant sans salaire, privé, ainsi que l'agneau que l'on va égorger, d'une nourriture qui me devenait inutile, un Dieu veillait néanmoins à mes besoins, et sans le secours des chefs qui m'avaient établi, j'avais de l'eau, du pain, du vin, du tafia, et autres provisions qu'eux-mêmes eussent bien désiré de posséder, quoiqu'il ne fut guères possible de manger de sang-froid, ayant par-tout autour de soi la mort présente !" (31)


7- Dessalines et la viande de porc

Les révisionnistes ont tort en rapprochant maladroitement le libérateur d’Haïti à l’islam. Comment prétendre l’islamiter de la révolution haïtienne, lorsque la généreuse Claire-Heureuse, la première dame, la femme de Dessalines, avait des provisions de porc salé, au point d’en fournit à Descourtilz, un colon français soignant les troupes, dans sa réserve personnelle? :
"Honorine tint parole, et ayant parlé de moi à Mme Dessalines, je reçus un peu d'argent et du porc salé, ainsi que des légumes secs, avec recommandation expresse de garder le silence à l'égard d'un bienfait qui ne devait point être connu."  (32)
Baser sur cette citation, nous pouvons affirmer que Dessalines et sa troupe mangeaient de la viande de porc formellement proscrite par l'islam.
 

a) Dessalines autorisait l’importation de viande porcine

Le témoignage du colon Pierre Chazotte nous apporte une preuve infaillible de la non-islamiter de Dessalines. Le matin du 13 mars 1804, Pierre Étienne Chazotte, colon français de Jérémie ayant eut la vie sauve dû au fait que les soldats de Dessalines l’avaient pris pour un Américain. Il fut  donc convoqué par Dessalines, alors Gouverneur général, qui lui demanda d’écrire à ses concitoyens américains afin de renforcer les échanges commerciaux entre l’île et les Etats-Unis. Échanges qui comprendrait l’importation nouvelle d’armes et le maintient de l’importation de denrées alimentaires, dont le porc, que Dessalines se dit « heureux d’échanger pour du café » :

"You Americans bring to this country nothing but fish, pork, beef, flour, rice and some dry goods ; we are glad to exchange those things for coffee ; but we also want gunpowder, shot, muskets, swords and all kinds of ammunition ; and above all some strongly built and fast sailing vessels, pierced for cannon, to guard our coasts and protect them against the French privateers. Write, write to your friends—let them send all those things whatever may be the cost, I will pay them well and make their fortunes, &c.”" (33)
Traduction :
"Vous Américains apportez à ce pays rien que le poisson, le porc, le bœuf, la farine, le riz et certains produits secs ; nous sommes heureux d'échanger ces choses pour le café ; mais nous voulons aussi de la poudre à canon, des balles, fusils, épées et toutes sortes de munitions ; et surtout des bateaux à voile fortement construits et rapides, percés pour canon, pour surveiller nos côtes et les protéger contre les corsaires français. Écrivez, écrivez à vos amisfaites les envoyer toutes ces choses quelles qu’en soit le coût, je vais les payer bien et faire leur fortune, &c.”"


b) Vente de porc, produit banal, en Haïti après l’indépendance

Après la mort de l’Empereur Dessalines, tout comme durant et avant son règne la vente et la consommation du porc a eu lieu de manière continue, sans qu’aucune forme d’interdit, ni d’attention particulière, le fut accordé, comme cela aurait été immanquablement le cas, si Saint Domingue ou Haïti avaient le moindre penchant musulman. Ce tableau publié en 1819 par Hérard-Dumesle (celui même qui présentera peu après le "serment" du Morne Rouge) nous indique que le porc se vendait librement dans le pays (du moins les prix dans la partie Ouest et Sud où résidait Hérard-Dumesle, étant donné qu’Haïti était scindée en 2 jusqu’en 1820), tel une denrée des plus ordinaires :


 
 
Source : Hérard-Dumesle. "L’observateur", vol. XI, Cayes, 1819. p.15.


c) Les noirs islamisés de Saint Domingue ne mangeaient pas de porc et ne combattaient pas

La révisionniste Aisha Khan joua des pieds et des mains afin de démontrer que l'islam pratiqué à Saint Domingue fut créolisé ou syncrétisé au point d'intégrer la consommation interdit de porc :
"As the demographic majority in the region, Afro-Caribbeans are differentiated according to Old World ethno-linguistic group history (e.g., Hausa, Yoruba) and culturally authenticated by scholars according to the “creolized” or “syncretic” religions that they brought to, and elaborated in, the New World (e.g., Vodou, Candomblé). Islam among these populations was also “creolized” (and, indeed, was never “pure” to begin with) and in some cases was folded into other religious traditions." (34)
Traduction :
"En tant que majorité démographique de la région, les Afro-Caraïbes sont différenciés selon l'histoire du groupe ethnolinguistique de l'Ancien Monde (par exemple Hausa, Yoruba) et culturellement authentifiés par les savants selon les religions «créolisées» ou «syncrétiques» qu'ils ont apportées, Et élaboré dans, le Nouveau Monde (par exemple, Vodou, Candomblé). L'islam parmi ces populations était aussi «créolisé» (et, en fait, n'était jamais «pure» pour commencer) et dans certains cas a été plié dans d'autres traditions religieuses."
Cette révisionniste des plus téméraires, ne trouvant aucun appui factuel dans la colonie de Saint Domingue, sortit du cadre dominguois particulier, et erra dans le monde caribéen anglophone multiculturel afin de prouver son point qui demeure vide, enfantin et insipide. Car, Descourtilz, témoin oculaire, nous a longtemps appris que les captifs dominguois islamisés (Beurnon et Phylanis) maintenaient la rigueur dans leur foi et ne consommaient point de porc et ne faisaient pas de guerre*** :
"La religion dominante des nègres de Beurnon a beaucoup de rapport avec celle des Phylanis. L'ambition est un monstre à leurs yeux : ils ne cherchent qu'à protéger leurs semblables; c'est pourquoi ils ne font jamais la guerre. Sévères observateurs de l'hospitalité, si un étranger arrive au pays de Beurnon, le chef de cette peuplade unie, pour capter les bonnes graces de l'inconnu et le retenir dans ses étals, lui donne des terres et une de ses filles en mariage.
Il lui est de plus fourni des vivres jusqu'à la première récolte qu'il aura pu faire. Voilà, ce me semble, les premiers fondements de la religion naturelle : « Faites aux autres ce que vous voudriez qu'on vous faît ».
Ils ne mangent de viande que celle sacrifice et bénie par leur grand-prêtre, appelé alpha [Viande halal]. L'usage de la viande de porc leur est interdit. Un homme qui fait pénitence. Beurnon, se tient sur les grands chemins, avec des canaris pleins d'eau, dont il offre, par charité, à tous les passants ou voyageurs fatigués." (35)
Au vu de l'orthodoxie des captifs islamisés à Saint Domingue, Dessalines et les leadeurs de la révolution haïtienne n'ayant aucun malaise à consommer la viande porcine, n'étaient pas musulmans.


8- Croyances de Dessalines

Nous avons analysé les lois promulguées par Dessalines. Maintenant, penchons-nous sur ses croyances captées à travers l'étude de ses textes et ses actions telles que décrites par des témoins.


a) Dessalines a vengé l'Amérique, pas Allah

Huit jours après avoir puni des Français se trouvant au Cap, Dessalines, dans son discours du 28 avril 1804, a déclaré à son peuple : "J'ai sauvé mon pays. J'ai vengé l'Amérique!" Il signifia ainsi qu'il a sauvé son pays du génocide que les Français avaient mis en marche ; et par la même occasion, il a vengé le continent américain (notamment la Martinique et la Guadeloupe de l'héroïque Louis Delgrès) des crimes qu'il a subi des mains des Européens :
"Où est l'Haytien assez vil, assez indigne de sa régénération, pour penser qu'il n'ait pas rempli les décrets du ciel, en exterminant ces tigres sanguinaires. S'il en est un, laissez-le fuir ; que la nature indignée l'éloigne de notre sein. (...) Oui, nous avons rendu à ces anthropophages guerre pour guerre, crime pour crime, outrage pour outrage. Oui, j'ai sauvé mon pays, j'ai vengé l'Amérique ! L'aveu que je fais à la face du ciel et de la terre, fait mon orgueil et ma gloire : quelle est pour moi la conséquence de l'opinion qu'auront de ma conduite mes contemporains et les générations futures ? J'ai fait mon devoir, je m'approuve, cela me suffit." (36)
Dans ce discours, Dessalines prit le Ciel, la Terre et la Nature en témoins, une approche plutôt traditionaliste. Cependant, Il n'a point déclaré "Allah u akhbar!" (Dieu est grand!), la formule omniprésente chez les guerriers musulmans. Ni n'a-t-il fait savoir qu'il "vengea Allah" ou "la foi musulmane", comme l'aurait fait un djihadiste. Sa devise fut la suivante :  
"Toujours guerre à mort aux tyrans ! c'est ma devise, liberté, indépendance, c'est notre cri de ralliement." (37)
Au point de vue du langage guerrier adopté, nous pouvons dire que Dessalines n'était pas musulman. Et il n'a surtout pas mené de djihad. Il fonctionnait selon le principe ancestral du : Kou pou kou. Bondje ri. (Litéralement : Coup pour coup. Le Bon Dieu rit). Ce principe de "Kou pou kou. Bondje ri" est l'équivalent d'oeil pour oeil, dent pour dent. À la distinction que "Kou pou kou. Bondje ri" reçoit l'approbation du Bon Dieu qui rit, en voyant s'accomplir un acte de vengeance légitime. Donc, nulle besoin pour Dessalines de justifier son acte vengeur à quiconque, sa vengeance étant automatiquement divine.


b) Dessalines à la Crête-à-Pierrot et la Guadeloupe

Extrêmement répandu, est le fait d'armes du 12 mars 1802, quand Dessalines a annoncé à ses soldats son intention de faire exploser la poudrière du fort de la Crête-à-Pierrot qu'ils occupaient, si les Français y pénétraient :
"Le lendemain, aux premiers rayons du soleil, Dessalines vit plusieurs colonnes françaises se déployer dans la plaine. Il s'assit sur un tas de boulets, au centre du fort, près de la poudrière. Il se prit à réfléchir pendant quelques minutes. Sortant tout-à-coup de sa rêverie, il se saisit d'une torche enflammée, et dit en créole , en allongeant le bras sur un caisson : « Je ne veux garder avec moi que des braves; nous serons attaqués ce matin; que ceux qui veulent redevenir esclaves des français sortent du fort, et qu'ils se rangent autour de moi, ceux qui veulent mourir en hommes libres, » La garnison s'écria par acclamations : « Nous mourrons tous pour la liberté! » — «Si les français, continua-t-il, pénètrent dans cette enceinte, je vous ferai tous sauter. » L'on attendit l'ennemi avec impatience." (38)
Certains pourraient facilement voir un lien islamique dans une telle attitude. Mais ils auront tort. Car, sauter la poudrière d'un fort est une pratique nettement répandue en Occident comme dans les Antilles. À Saint Domingue, dès le 19 Février 1794, à l'Acul, un Noir a fait sauté la poudrière d'une position anglaise, faisant 60 morts chez les Anglais. (39) Pareillement, à Ravine-à-Couleuvre, au début 1802, les forces de Toussaint ont fait sauter la poudrière à Ravine-à-Couleuvre pour empêcher les Français de s'en emparer. (40) Finalement, la veille des événements à la Crête-à-Pierrot, les Français, avaient fait sauter des munitions à l'habitation Plassac, au Nord-Est de Labadie, au Sud du chemin des grands Cahos. (41) Cependant, Dessalines haussa l'audace de cette tactique, en proposant de se faire exploser soit même, et non simplement l'ennemi.
De plus, la bravoure de Dessalines ne fut pas alimenter par une quelconque doctrine djihadiste qui lui fut inconnue. Ce Général puisa plutôt inspiration dans la souffrance commune des Noirs d'Amérique et d'Europe. Dans sa déclaration du 28 avril 1804, il indiqua qu'il suivit l'exemple de Delgrès (Delgresse) qui s'est fait exploser au Matouba, à la Guadeloupe, dans des circonstances identiques, en dépit du fait que son action du 12 mars 1802, à la Crête-à-Pierrot,**** devança de 2 mois, le geste majestueux de Louis Delgrès survenu le 28 mai de cette même année : 
"La Guadeloupe pillée et détruite, ses ruines encore fumantes du sang de ses enfants, les femmes et les vieillards passés au fil de l'épée ! Pèlage lui-même, victime de leur perfidie, après avoir bassement trahi son pays et ses frères! Le brave et immortel Delgresse, qui sauta avec le fort qu'il défendait, plutôt que d'accepter leurs fers ! Magnanime guerrier ! cette noble mort, loin d'affaiblir notre courage, ne servira qu'à augmenter en nous la résolution de te venger ou de te suivre. Le déplorable destin de nos frères répandus en Europe ? et (affreux avant-coureur de la mort) ce terrible despotisme exercé à la Martinique ! Malheureux peuple, puissé-je voler à votre secours et briser vos fers ! Hélas ! une barrière insurmontable nous sépare ; mais peut-être une étincelle du feu qui nous enflamme s'allumera dans vos cœurs, peut-être, au bruit de cette révolution, soudainement éveillés de votre léthargie, les armes à la main, vous réclamerez vos droits sacrés et inviolables.
Après le terrible exemple que j'ai justement donné, que tôt ou tard la justice divine envoie sur la terre des esprits forts, au-dessus de la faiblesse du vulgaire, pour la destruction et la terreur des méchants, tremblez ! tyrans usurpateurs, fléaux du Nouveau-Monde, nos poignards sont aiguisés, votre punition est prête ! " (42)

D'ailleurs, il faut rappeler que comme Dessalines, Louis Delgrès, n'était pas musulman. Il était "un libre de couleur au service de la révolution égalitaire et libératrice". (43) Vraisemblablement, il n'était pas traditionaliste non plus. Mais cela ne l'empêcha pas de se faire sauter avec ses frères et soeurs d'armes, poussés par la soif de "Vivre libre ou de mourir", un slogan qui rappelle "Liberté ou la Mort" appartenant à Dessalines et aux révolutionnaires haïtiens.


c) Dessalines et le génie de l'Océan (Agwe) et de la nature

La doctrine musulmane réserve toute gloire à Allah (et Mahomet), et rejette ce qu'elle considère comme l'idolâtrie ; à savoir l'attribution de pouvoirs divins aux phénomènes naturelles. Or, Dessalines qui accordait énormément de crédit à la nature, voyant en elle une Force invisible justicière derrière, était en contradiction nette avec l'islam. À travers maintes déclarations, le Général haïtien, en accord avec la vision traditionnelle globale ou holistique du monde, célébrait les éléments et le "Génie" les commandant, qui jouaient nettement en sa faveur :
"Laissez venir cette nation, si elle est assez insensée ou assez téméraire pour m'attaquer. Déjà, à son approche, le génie irrité d'Hayti, sortant du fond de l'Océan, se lève menaçant ; il soulève les vagues, excite les tempêtes, et, de sa main puissante, disperse et détruit les flottes. Les lois de la nature obéissent à sa formidable voix ; les maux, la peste, la famine, le feu, le poison sont toujours à ses ordres. (...) Où est l'Haytien assez vil, assez indigne de sa régénération, pour penser qu'il n'ait pas rempli les décrets du ciel, en exterminant ces tigres sanguinaires. S'il en est un, laissez-le fuir ; que la nature indignée l'éloigne de notre sein." (44)
Dans cet exemple, il fait allusion à Agwe, le "Génie" ancestral, Jany ou Lwa de l'Océan. Agwe fait la pluie, le beau temps, et surtout la tempête.


9- La vraie guerre sainte de Saint Domingue : Nan Ginen vs djihad

Dessalines n'était pas engagé dans un djihad. C'est absurde de penser de la sorte, étant donné qu'il est documenté pour avoir fait usage de Nan Ginen, une croyance issue la religion ancestrale "africaine", à des fins de motivations guerrières durant sa révolution. Nan Ginen est une source de grande bravoure militaire alimentée par la croyance des Noirs qu'à leur mort au combat, ils retourneront en terre de Guinée ancestrale ("Afrique") :


"Tous les nègres, tant les Guinéens que les créoles, croient à la prédestination. Nous avions pour pêcheur un excellent plongeur qui poursuivait les tortues au milieu des caïmans qui en sont très-friands, et s'exposait ainsi à la nage, les narguant, les combattant même quelquefois pour enlever leur proie, bien persuadé qu'il ne périrait point, si ce n'était point son heure.
Pendant la guerre du sud, qui inspirait aux nègres, même aux plus pusillanimes, la bravoure et l'audace? la prédestination. Il leur était dit que tous ceux qui étaient tués au combat, se trouvaient à l'instant transportés en Guinée." (45)
L'usage de Nan Ginen comme idéologie militaire fut maintes fois constaté dans la colonie de Saint Domingue et aux débuts des hostilités. Il s'est maintenu tout au long la guerre d'indépendance, jusqu'à la veille de la victoire finale de 1803. Car, selon le témoignage du colon Descourtilz ayant reçu les doléances de cultivateurs noirs pro-français à Saint-Marc, Dessalines combina l'éloge du retour à Nan Ginen à ses stratégies de génie :


  "Pendant la convalescence de cet empoisonne­ment, étant retournés par mer à Saint-Marc, le chemin de terre n'étant plus praticable pour les blancs, nous avions fréquemment des nègres fidèles de l'habitation qui venaient clandestine­ment nous porter leurs plaintes, et nous demander quand les Français auraient le dessus, nous a­nonçant que tous les cultivateurs voudraient bien nous revoir, que les soldats de Dessalines les pillent et les désolent, ravagent en un mot leurs jardins; enfin, pour mieux nous prouver leur bonne foi, ils nous dévoilèrent les secrets de la position alors inconnue, du camp Marchand, dernière retraite de Dessalines, où il devait s'en­sevelir, lui et les siens, sous les décombres de souterrains minés qui eussent entraîné également la perte de tous les assiégeans français. Ils nous avouèrent aussi que les nègres Congos et autres Guinéens étaient tellement frappés de superstition par les discours de leur général, que Dessalines était parvenu à leur faire croire que mourir, tués par les Français, devenait un bonheur pour eux, puisqu'aussitôt ils étaient transportés en Guinée, où ils reverraient papa Toussaint qui les y attendait pour compléter son armée qu'il destine à reconquérir St.-Domingue. Ce systême absurde lui a tellement réussi, disaient-ils, que tous vont au feu avec intrépidité surnaturelle, en chantant des airs guinéens, comme déjà épris de l'espoir de bientôt revoir leurs anciennes connaissances." (46)
Donc, les révolutionnaires dominguois ne faisaient pas de djihad dans l'espoir de se trouver auprès des Arabes à la Mecque où les attendraient 72 vierges ou des jeunes garçons à la peau pâle couleur de perles vierges, comme l'indique le coran (sourate 52.24, 56.17, 76.19).***** Ils souhaitaient, via la mort, retour auprès de leurs Ancêtres noirs Nan Ginen. Car, ils les ont enlevé de Nan Ginen, mais il n'ont pas pu enlever Nan Ginen d'eux, puisse que Nan Ginen n'est un paradis passif, il est omniprésent dans le présent comme dans le future, dans la vie, comme dans la mort, ainsi nous le montre ce chant sacré traditionnel :


Nan Ginen tande
Soti isit, vin lòtbò, Nan Ginen tande
Pawòl ou t ap pale a, Nan Ginen tande
Koze ou t ap koze a, Nan Ginen tande.
Traduction :
Nan Ginen écoute
Que l'on soit ici, ou ailleurs, Nan Ginen écoute
La parole que tu dis, Nan Ginen l'écoute
La conversation que tu as, Nan Ginen l'écoute.



10- Dessalines et le sacrifice aux esprits (mânes) des soldats tués

Certes l'islam reconnait ses martyrs. Cependant, il n'accepterait pas l'idée que leurs esprits obtiennent un culte et doivent être apaisés. Or, l'attention que Dessalines a accordée aux Morts relève du culte, au sens propre du terme, comme on peut le remarquer dans ses proclamations les plus importantes telle que l'Acte d'indépendance d'Haïti du 1er janvier 1804 :
"Citoyens indigènes, hommes, femmes, filles et enfants, portez vos regards sur toutes les parties de cette île; cherchez-y, vous, vos épouses, vous, vos maris, vous, vos frères, vous, vos sœurs; que dis-je, cherchez-y vos enfants, vos enfants à la mamelle? Que sont-ils devenus... Je frémis de le dire... La proie de ces vautours. Au lieu de ces victimes intéressantes, votre œil consterné n'aperçoit que leurs assassins; que les tigres dégoutants encore de leur sang, et dont l'affreuse présence vous reproche votre insensibilité et votre coupable lenteur à les venger. Qu'attendez-vous pour apaiser leurs mânes ; songez que vous avez voulu que vos restes reposassent auprès de ceux de vos pères, quand vous avez chassé la tyrannie; descendrez-vous dans leurs tombes sans les avoir vengés? Non, leurs ossements repousseraient les vôtres." (47)
La déclaration de Dessalines du 28 avril 1804, dans laquelle il proclama avoir vengé l'Amérique, fait également allusion aux mânes (esprits) pour lesquels il faudrait sacrifier :
"Tyrans usurpateurs, fléaux du Nouveau-Monde, nos poignards sont aiguisés, votre punition est prête ! Soixante mille hommes équipés, endurcis à la guerre, obéissant à mes ordres, brûlent d'offrir un nouveau sacrifice aux mânes de leurs frères assassinés. (48)
Ce genre de langage n'appartient pas du tout à l'univers musulman ; et encore moins à un leadeur musulman engagé dans un djihad.


a) Dessalines et le calenda funèbre

L'islam ne reconnait pas la pratique de danse funéraire. Or, les soldats de Dessalines s'adonnaient au calenda funèbre en honneur des frères d'armes morts au combat :
"Si Dessalines aimait ses troupes, c'était comme soutiens de son pouvoir, et exécuteurs de sa volonté. Employant contre les crimes politiques la baïonnette, le poison, les noyades, il ne punissait ses soldats que par le fusil ou les verges : ce dernier supplice était effrayant par ses préparatifs funèbres et inhumains. Les soldats faisaient de ce jour un jour de réjouissance : il y avait calenda (i) en l'honneur du défunt. Tout en préparant les banzas et le bamboula (l), on acérait les épines des branches d'acacia qui servent à cet affreux supplice.
(i) Le calenda est une danse nègre consacrée à célébrer les funérailles : elle est extravagante et fort indécente.
(1) Les banzas et bamboulas sont deux instruments; le premier à cinq cordes, se pince comme la guitare; le second est un tambour élevé qu'on fait rouler avec les doigts." (49) 
D'après le colon Moreau de Saint-Méry, la Chica, le Vaudou, le Calenda, sont des danses importées d'"Afrique" : 
"La danse nègre est venue avec ceux d'Afrique à Saint-Domingue, & pour cette raison même elle est commune à ceux qui sont nés dans la Colonie & qui la pratiquent presque en naissant : on l'y appelle Calenda.
Pour danser le Calenda, les nègres ont deux tambours faits, quand ils le peuvent, avec des morceaux de bois creux d'une seule pièce. L'un des bouts est ouvert, & l'on étend fur l'autre une peau de mouton ou de chèvre. Le plus court de ces tambours est nommé Bamboula, attendu qu'il est formé quelquefois d'un très-gros bambou. Sur chaque tambour est un nègre à califourchon qui le frappe du poignet & des doigts, mais avec lenteur fur l'un & rapidement fur l'autre. A ce son monotone & sourd se marie celui d'un nombre, plus ou moins grand, de petites calebasses à demi remplies de cailloux ou de graines de maïs & que L'on secoue en les frappant même sur l'une des mains au moyen d'un long manche qui les traverse. Quand on veut rendre l'orchestre plus complet on y associe le Banza, espèce de violon grossier à quatre cordes que l'on pince. Les négresses disposées en rond règlent la mesure avec leurs battements de mains & elles répondent en chœur à une ou deux chanteuses dont la voix perçante répète ou improvise des chansons : car les nègres possèdent le talent d'improviser & c'est lui surtout qui sert à montrer tout leur penchant pour la raillerie." (50)
Donc, cette forme de célébration que la troupe de Dessalines organisait est non conforme à l'islam. D'ailleurs, le mot calenda demeure actif en Haïti où il désigne, au sens propre et figuré, une danse lassive - clairement non-islamique - populaire :
"Kalinda : Dans rara kote moun yo vire ren yo pandan yo ap sakaje vant yo ak pasyon. Vin ban mwen yon ti kalinda la a non, mwen ap bat tanbou a, ou ap danse." (51)
Traduction :
"Kalinda : Danse rara, où les gens se tournent les hanches tandis qu'ils se brassent le ventre avec passion. Venez m"offir une petite kalinda, je jouerai du tambour, vous danserez."

11- Dessalines et la tabatière magique des makendals

Au dire de Descourtilz qui connaissait Dessalines personnellement, (52) ce leadeur excellait donc, non seulement dans les discours militaires faisant appel à l'"Afrique" ancestrale, il excellait également dans la pratique de la magie défensive au quotidien : 
"Moins politique que Toussaint-Louverture, mais plus ouvert et plus prononcé dans sa tyrannie, Dessalines était cruel, irrascible et farouche; il n'écoutait aucune réclamation. Que de fois une seule observation coûta la vie à l'homme qui eut l'audace de lui parler sans son ordre ! Semblable au farouche Assuérus, malheur à celui qui le trouva hors de sa rare clémence : malheur aussi à celui pour qui la fatale tabatière était ouverte (i) !
(i) Le conseil des makendals (magiciens du pays) qu'il consultait, lui avait indiqué le signe certain de reconnaitre la perfidie et le ressentiment concentrés contre lui dans le coeur de l'individu qu'il avait interpellé. Il cherchait à lire dans l'électre ou miroir interne de sa tabatière, que le tabac humide annonçait des principes de résignation de la part du dénoncé, et que le sec demandait du sang ! Ainsi sa superstition lui faisait au hasard décider du sort d'un innoçent ! ainsi' le paisible habitant obligé de lui rendre visite, était souvent condamné sans être entendu, sous la simple dénonciation d'un soldat à qui peut-être on avait refusé des générosités que les circonstances malheureuses ne permettaient plus de faire.
« Grenadier layo, disait-il, vous voir n'homme cilalà... Conduis li pisser », ! [Grenadiers, disait-il, voyez-vous cet homme... Amenez-le pisser.] Le mot pisser indiquait l'effusion du sang par la mort à la baïonnette. A ce signal affreux, les grenadiers d'antichambre avaient ordre de se saisir de celui contre lequel la fatale tabatière avait été roulée dans les mains." (53)
Ce qui sortit la tabatière magique de Dessalines du simple ragot, est que Descourtilz, en sa fonction de médecin français captif de Dessalines, a eu affaire personnellement à cette tabatière, à la Crête-à-Pierrot :
"Le pont-levis fut baissé, et la première personne que nous y aperçûmes, fut Dessalines, roulant dans ses mains la fatale tabatière : il s'avance vers nous, gronde, mais se possède assez pour concentrer sa vengeance." (54)


12- La femme de Dessalines et la soupe de giraumon traditionnelle

L'indépendance d'Haïti fut célébrée le 1er janvier 1804, à Gonaïves, dans l'Artibonite. La tradition haïtienne dit que Claire-Heureuse, la femme de Dessalines et la future Impératrice, offrit à la foule réunie de la soupe de giraumon ou la soupe de courge (soup joumou). Et ainsi débuta une tradition de consommer, et surtout de partager cette soupe nourricière à chaque 1er janvier. Plusieurs haïtiens se disputent la provenance de la soup joumou. Certains y voient un défi aux colons qui auraient interdit l'usage du giraumon aux captifs. Mais c'est faux. Car nulle part, trouve-t-on référence à cela. Pour certains, cette soupe est à proscrire, car résultant d'un pacte diabolique. Cela est également faux, puisse que la religion ancestrale haïtienne ne croît pas à l'existence de Satan ou du "Diable" dans le sens chrétien du terme. Alors, quelle est donc la provenance de cette soupe de giraumon, et son lien avec l'islam?
Cette soupe, tout comme Dessalines et la révolution haïtienne, n'a pas de lien avec l'islam. Il provient d'une des périodes de sécheresse touchant Saint Domingue (Haïti). Cette fois-ci, ce fut en 1803, à la fin de la guerre d'indépendance. La région de l'Artibonite où résidait la famille Dessalines, subissait la sécheresse, à l'exception d'endroits proches des rivières et points d'eau. Vers la fin 1803, les Manbo et Houngan (les grandes et grands officiants de la religion ancestrale) poursuivirent le rôle de leadership qu'ils ont joué dans la révolution, en interdisant la population locale, sous peine de déplaire au Grand Dieu ancestral ayant fait la guerre pour eux, de consommer des denrées disponibles et de les confier à eux. La population obéît. Le colon Descourtilz, de la famille des Desdunes, colons de l'Artibonite réputés cruels avec leurs esclaves,****** croyait faussement que les Manbo et Houngan abusaient de la crédulité de la population. Mais il avait tort, car ces légumes et racines spécifiquement sélectionnées pour cet usage (giraumon, calalou, feuilles, etc.), furent rassemblées, conservées, puis acheminées vers Madame Dessalines qui, aidée vraisemblablement de Hounsi (Assistantes des temples traditionnels), en fit la soup joumou ou soupe de giraumon que l'on servit gratuitement à la population haïtien venue de loin pour prendre part aux festivités :
"Une sécheresse générale désolant le quartier de l'Artibonite, surtout les cotonneries qu'on ne peut submerger à volonté par cause de l'éloignement de canaux ou rivières, il y eut en 1803 une disette complète de vivres de toute espèce, ressource journalière pour le cultivateur.
A cette disette était nécessairement attachée une hausse considérable aux marchés des villes voisines, dans le prix des légumes ou racines alimentaires. Les prêtres des idolâtres de notre habitation entourée d'eau, et toujours féconde en ces denrées comestibles, imaginèrent de se servir de leur caractère, et de profiter de leur influence pour en imposer aux idolâtres de leur secte, et exiger d'eux une partie de leur récolte, bien décidés à en tirer parti en leur faveur : ils annoncèrent aux trop crédules superstitieux, que leur grand dieu, qui combattait pour leur prospérité et leur liberté, était allé à la guerre, et que, par un excès de sa valeur intrépide, il y avait été blessé ; qu'il leur interdisait donc jusqu'à nouvel ordre, l'usage du calalou, dans toute espèce de feuilles et fruits du giràumon, etc., destinant toutes ces plantes vulnéraires, résolutives et maturatives au pansement de ses larges et profondes blessures! Les pauvres croyants d'apporter à l'envi tous les fruits de leurs jardins, et de se regarder bienheureux de pouvoir faire quelque chose en faveur de leur divinité ; et les prêtres trompeurs, de se réjouir et de vendre furtivement, ou de manger tous les topiques, et autres remèdes consacrés à leur dieu imaginaire." (55)
Ainsi, l'existence même de la soupe de giraumon consommée pour fêter l'indépendance d'Haïti, témoigne a) que le concept de guerre sainte était bien ancré dans la conscience de la population haïtienne, c'est-à-dire, une guerre faite avec le support du Créateur de l'Univers (Granmèt la, Oloroun) et Ses Forces intermédiaires (Lwa, Jany) agissant sur les événements, sur les êtres et les éléments ; b) que les leadeurs de la religion ancestrale ont joué un rôle de leadership déterminant du début (Bois Caïman - Bwa Kayiman) à la fin  cette révolution (soup joumou) ; c) que Jean-Jacques Dessalines, sa femme Claire-Heureuse, et la révolution haïtienne, n'avaient rien d'islamique. 


(Soupe de giraumon / Soup joumou)

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Soup_joumou#/media/File:Joumou01.jpg





* Bien entendu, la charlatante de LeGrace Benson et ses sous-fifres d'intellecutels haïtiens, en déclarant les Haïtiens incapables d'appréhender le monde invisible, ignorent qu'au début de chaque prière, les Manbo et Houngan (les officiants traditionalistes haïtiens) adressent leurs hommages à : Sa m wè, ak Sa m pa wè yo ; c'est-à-dire aux mondes visible et invisible. De plus, le Créateur, dans la religion traditionnelle, est le plus éloigné des affaires quotidiennes, le plus invisible, le plus abstrait, de toutes les religions du monde.
** Jusqu'ici, j'ai répertorié 495 Nations ou Nanchon d'ethnies dans les textes coloniaux de Saint Domingue. Mais mes recherches sont loin d'être terminées.
*** Nous traiterons dans un article à venir du fait que les captifs islamisés, contrairement à la propagande, "ne faisaient pas de guerre". Ils furent des plus dociles à Saint Domingue.
**** L'héroïsme de Dessalines à la Crête-à-Pierrot inspira, près de cent ans plus tard, le 6 septembre 1902, Killick, le légendaire Vice-Amiral haïtien qui, commandant un navire nommé "La Crête-à-Pierrot", préréfa se faire exploser à l'aide d'un coup de feu dans la poudrière, plutôt que de se rendre à la flotte allemande.
***** Coran - sourate 52.24 : Et parmi eux circuleront des garçons à leur service, pareils à des perles bien conservées. 56.17 : Parmi eux circuleront des garçons éternellement jeunes. 76.19 : Et parmi eux, circuleront des garçons éternellement jeunes. Quand tu les verras, tu les prendras pour des perles éparpillées.
****** Il est insultant qu'Haïti, se disant libre, ignorant pourtant la constitution de Dessalines, conserve par paresse sur son territoire, le nom des colons tortionnaires tels que Desdunes : "Desdunes père, habitant de l'Artibonite, a fait briller vif, successivement, quarante-cinq noirs, hommes, femmes et enfants; Desdunes Lachicote, Poiincy et Rossignol ; enfin toute cette exécrable famille a commis des cruautés de tous genres ; ils marchaient nuitamment armés de harpons, et tous les noirs étrangers qu'ils renconstraient dans les cases étaient harponnés sans miséricorde et noyés.
Remoussin, gendre de Desdunes, faisait les mêmes cruautés ; il fit brûler vif l'infortunée Nicole, la nourrice de ses enfants. Boisbel, aussi gendre de Desdunes a fait mourir sous le fouet la nourrice de ses enfants.

Enfin j'aurai eu peine à ajouter foi au nombre de cruautés que cette famille a exercé à l'Artibonite, si tous ces faits, que j'ai recueillis sur les lieux mêmes, ne m'avaient pas été encore confirmés par M. Jean-Baptiste Juge, ancien habitant propriétaire de l'Artibonite, présentement comte de Terre-Neuve, ministre de la justice ; il a eu la bonté de me communiquer une infinité de notes concernant les crimes des colons, particulièrement de ceux de cette belle et riche plaine de l'Artibonite." In : Baron de Vastey. Le Système Colonial Dévoilé. Cap-Henry, 1814.pp.48-49.


 
 
Notes
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(1) "Un prélude hors-série : l'indépendance d'Haïti. Le premier état américain, après les États-Unis, à prendre son indépendance a été la République d'Haïti (1er janvier 1804). Événement gênant et volontiers passé sous silence : il résultait en effet d'une révolte des esclaves noirs contre le régime esclavagiste, et d'une défaite majeure essuyée par la France sous le Consulat jamais mentionnée comme telle." In : Jean Suret-Canale. ‪Panorama de l'histoire mondiale. De la conquête du feu à la révolution informatique‬. Paris, 1996. pp.421-422.
(2) Marie-Antoinette Menier, Jean Fouchard et Gabriel Debien. « Toussaint Louverture avant 1789, légendes et réalité », article paru dans la revue de l'Institut français d'Haïti Conjonction, n° 134 (1988). Cité dans "Toussaint Louverture et l'indépendance d'Haïti : témoignages pour un bicentenaire" édité par Jacques de Cauna. Paris, 2004. pp.61-67.
(3) Jacques de Cauna. Toussaint Louverture : Le Grand précurseur. Paris, 2012. pp.107-114.
(4) Philippe Girard, Jean-Louis Donnadieu. "Nouveaux documents sur la vie de Toussaint Louverture." In : Bulletin de la Société d'Histoire de la Guadeloupe. 166-167 (2013). pp.117–139.
(5) Philippe R. Girard. "Jean-Jacques Dessalines et l'arrestation de Toussaint Louverture", In : Journal of Haitian Studies. Vol. 17, No.1 (Spring 2011), pp.123-138. 
(6) LeGrace Benson. "Some Breton and Muslim Antecedents of Voudou Drapo". In : Textile Society of America. January, 1996.
(7) Ibid.
(8) LeGrace Benson. "Qismat of the Names of Allah in Haitian Vodou". In: Journal of Haitian Studies, Vol 8 No. 2, 2002. pp.160-164.
(9) LeGrace Benson. "Some Breton and Muslim Antecedents of Voudou Drapo". In : Textile Society of America. January, 1996. 
(10) LeGrace Benson. "Qismat of the Names of Allah in Haitian Vodou". In: Journal of Haitian Studies, Vol 8 No. 2, 2002. pp.160-164.
(11) LeGrace Benson "How Houngans Use the Light from Distant Stars". In : Vodou in Haitian Life and Culture~Invisible Powers. New York, 2006. pp.155-179.
(12) Susan Buck-Morss. Hegel, Haiti, and Universal History, Pittsburgh, 2009. p.143. 
(13) João José Reis, Slave Rebellion in Brazil: The Muslim Uprising of 1835 in Bahia. London 1993. p. 94.
(14) Sylviane Anna Diouf, Sylviane Kamara. Servants of Allah: African Muslims Enslaved in the Americas. New York, 1998. pp.154, 161.
(15) La première Proclamation d'Indépendance au Fort Dauphin, le 29 novembre 1803. In : Luc Rémy. Réflexions Stratégiques Sur Haïti. 2013. pp.413-414. 
(16) S.J. Ducoeurjoly "Manuel des habitans de Saint-Domingue. Tome 1. Paris, 1802. pp.29-30.
(17) Proclamation de Dessalines du 28 avril 1804. In : Placide Justin, James Barskett (Sir.). Histoire politique et statistique de l'île d'Hayti: Saint-Domingue... Paris, 1826. pp. 421-422. 
(18) Jeremy D. Popkin. A Concise History of the Haitian Revolution. Wiley-Blackwell, 2012. p.46.
(19) Lettre de Leclerc à Bonaparte du 7 octobre 1802 : In : Luc Rémy. Op. Cit. p.132.
(20) Louis Boisrond-Tonnerre. Mémoires pour servir a l'histoire d'Haïti. Paris, 1851. p.71.
(21) Proclamation de Dessalines du 28 avril 1804. In : Placide Justin, James Barskett (Sir.). Op. Cit. p. 421.
(22) Prophète Joseph. Dictionnaire Haïtien-Français. Montréal, 2003. p.70.
(23) Prophète Joseph. Ibid. p.356.
(24) La première Proclamation d'Indépendance au Fort Dauphin, le 29 novembre 1803. In : Luc Rémy. Op. Cit. p.414. 
(25) Proclamation de Dessalines du 28 avril 1804. In : Placide Justin, James Barskett (Sir.). Op. Cit. p. 425. 
(26) Louis-Joseph Janvier. Les Constitutions d'Haïti (1801-1885). Paris, 1886. pp.29-41.
(27) M. E. Descourtilz. Voyages d'un naturaliste, et ses observations... Volume 3.  Paris, 1809. p.325.
(28) M. E. Descourtilz. Ibid. pp.330-331.
(29) M. E. Descourtilz. Ibid. p.341. 
(30) M. E. Descourtilz. Ibid. pp.350-351.
(31) M. E. Descourtilz. Ibid. pp.364-365.
(32) M. E. Descourtilz. Ibid. p.326. 
(33) Peter S. Chazotte. Historical Sketches of the Revolutions, and the Foreign and Civil Wars in the Island of St Domingo. New York, 1840. p.53.
(34) Aisha Khan. "Islam, Vodou, and the Making of the Afro-Atlantic". In : New West Indian Guide,Vol. 86, no. 1-2 (2012), pp. 29-54. Lien permanent : http://www.kitlv-journals.nl/index.php/nwig/index
(35) M. E. Descourtilz. Op. Cit. pp.142-143.
(36) Proclamation de Dessalines du 28 avril 1804. In : Placide Justin, James Barskett (Sir.). Op. Cit. p. 421. 
(37) Proclamation de Dessalines du 28 avril 1804. In : Placide Justin, James Barskett (Sir.). Ibid. p.424.
(38) Thomas Madiou. Histoire d'Haiti. Tome 2. Port-au-Prince. 1847. p.210.
(39) Thomas Madiou. Histoire d'Haiti. Tome 1. Port-au-Prince, 1847. p.180.
(40) Thomas Madiou. Op. Cit. Tome 2. p.190.
(41) Thomas Madiou. Ibid. p.210.
(42) Proclamation de Dessalines du 28 avril 1804. In : Placide Justin, James Barskett (Sir.). Op. Cit. pp.422-423. 
(43) Jacques Adélaïde-Merlande. Delgrès ou la Guadeloupe en 1802. Paris, 1986. p.10.
(44) Proclamation de Dessalines du 28 avril 1804. In : Placide Justin, James Barskett (Sir.). Ibid. pp.421, 423-424. 
(45) M. E. Descourtilz. Op. Cit. pp.208-209. 
(46) M. E. Descourtilz. Ibid. pp.383-384.
(47) Acte d'indépendance d'Haïti du 1er janvier 1804. In : Louis Boisrond-Tonnerre. Op. Cit. p.4.
(48) Proclamation de Dessalines du 28 avril 1804. In : Placide Justin, James Barskett (Sir.). Op. Cit. p.424.
(49) M. E. Descourtilz. Op. Cit. pp.275-276.
(50) Moreau de St Méry. Description topographique physique... Tome 1. Philadelphie, 1797. p.44. 
(51 Féquière Vilsaint, Maude Heurtelou. Diksyonè Kreyòl Vilsen, 3zyèm edisyon. Coconut Creek,  2009. p.233.
(52) "Je mêle à mon récit des anecdotes secrètes de la vie privée de Toussaint-Louverture et de Dessalines, qui me sont ou personnelles, ou dont j'ai connu les principaux acteurs." In : M. E. Descourtilz. Voyages d'un naturaliste et ses observations... Volume 1, Paris. 1809. p. Lviij.
(53) M. E. Descourtilz. Voyages d'un naturaliste, et ses observations... Volume 3. Paris, 1809. p.254.
(54) M. E. Descourtilz. Ibid. p.352. 
(55) M. E. Descourtilz. Ibid. pp.209-210.






Comment citer cet article:
Rodney Salnave. "Dessalines n'était pas musulman".
31 mars 2017 ; modifié le 25 avril 2017. [en ligne] Lien permanent : http://bwakayiman.blogspot.com/2017/03/dessalines-netait-pas-musulman.html ; Consulté le [entrez la date]


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